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Vendredi 23 avril 2004
Je suis né le 5 thermidor, an 180 de la République !
Et vous ?
par LouDaDou le 2004-04-23 05:57:31
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Mercredi 21 avril 2004
Besoin de toi au détour d’une anodine et quotidienne rencontre domestique et du provocant frôlement des corps qui s’y attache ; besoin d’une caresse, d’un geste léger, furtif, mais dans lequel se concentrent toute ta tendresse et tout ton amour, auxquels répondent les miens par une autre caresse, par un baiser.
Besoin de te savoir près de moi, dans l’être et dans l’esprit, sentir ta présence dans mon espace et jouir des flux provoqués par les mouvements de nos corps.
Besoin d’échanger cette étincelle qui éclaire mon regard quand je t’observe et celle qui illumine le tien quand tu réponds à ce regard.
Besoin de ces mille et une preuves qui apaisent l’amour toujours inquiet. Boulimie de ces petites phrases qui rassurent, de ces petites réactions de jalousie que l’on provoque chez l’autre, exprès, afin de le sentir inquiet, aussi, et de puiser dans cette inquiétude l’assurance qui parfois fait défaut à force de la solliciter, petite névrose personnelle.
Besoin de ton odeur dans le creux de nos draps, dans ce vêtement qui t’appartient et que je porte afin de m’en imprégner.
Besoin d’entendre ta voix qui me fait décrocher si souvent mon téléphone la journée. Ou bien est ce cette habitude prise à des milliers de kilomètres, quand la voix était le seul lien possible en dehors des touches du clavier.
Besoin de t’arrimer à moi, de tisser ces liens que je veux croire irréversibles.
Besoin de chaque instant pour te le consacrer.
Besoin de toi.
par LouDaDou le 2004-04-21 10:39:55
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Vendredi 16 avril 2004
Je ne sais pas ce que j’ai préféré ces derniers jours … j’hésite un peu. En même temps j’ai le choix :
- Le chauffeur de taxi en phase terminale de poujadisme qui m’a conduit depuis la gare jusqu’au port de Rouen où j’allais récupérer ma voiture (qui a fait un jouli voyage en cargo depuis Cayenne) et qui m’a demandé si les noirs de Guyane étaient aussi feignants que ceux des Antilles (mais toujours moins que les Arabes), entre mille autres passionnantes opinions très personnelles qu’il a distillées tout au long des 20 km qu’a durée notre cohabitation dans sa putain de voiture de merdeuuuuh ! ! !.
- Les 152.753, 25 (j’en oublie sûrement) allers et retours entre la maison de schtroumf (aravar) et le nouvel appart’.
- Les autres 152.753, 25 allers et retours entre les nombreux endroits où j’avais disséminé meubles et objets divers avant mon départ pour le 97.3 et le nouvel appart’.
- Les 5 étages sans ascenseur avec entre les paluches un bureau, un clic-clac, une machine à laver, 3 millions de bouquins (au moins), une table-à-manger, un frigidaire, une armoire à cueilleres …
- Le début d’une grande histoire d’amitié avec la vieille du dessous qui nous a accueillis, en plein déménagement (lire le rapport circonstancié de Monsieur du Zamour sur cette rencontre du 3ème âge), par des paroles d’une grande chaleur, du genre " si vous faites du bruit, c’est direct les flics ".
- Le début d’une grande histoire d’amitié avec la jeune d’à côté qui ne supporte pas que nous parlions le soir parce qu’elle n’entend plus sa télé et parce que ça l’empêche de dormir (il y a du claquage de conne dans l’air). L’insonorisation est - il en faut toujours un - le vice caché de cet appart’ qui reste, en dépit du surpeuplement de cons aigris qui semble frapper cet immeuble (on peut toujours relever les quotas de chasse pour cette catégorie d’indésirables), un super endroit pour vivre.
- Les erreurs et dysfonctionnements webesques de ma banque qui ont failli me coûter le refus de mon chèque de caution et un interdit bancaire alors que les sous étaient bien là.
- L’heure et demi d’attente au guichet de La Poste (rattraper les catastrophes internetesques du virement de brozoufs, point précédent) : 350 personnes s’étaient donné rendez-vous juste avant mon arrivée pour me pourrir la vie, parmi lesquelles un sombre crétin de 20 piges devant moi qui n’arrêtait pas de traiter à voix basse les préposés aux PTT d’enculés, et un merdeux pas plus vieux derrière qui les traitait de fils de putes, parce que ça n’avançait pas assez vite.
Heureusement il y a eu aussi :
- Les premiers pas dans un " chez-nous " vierge de tout fantôme.
- Le premier repas à deux, yeux dans les yeux.
- La première nuit d’amour.
- Les premiers rayons de soleil tôt le matin dans la chambre.
- La première rigolade en regardant les chats courir dans tous les coins avec des yeux comme des billes.
- Les premiers copains venus visiter, et qui reviendront parce qu’ils se sentent bien chez nous (et qui auront le droit de parler, rien que pour faire chier l’aréopage de connes).
- Les premiers achats ensemble, pour décorer.
- La première " A la recherche de la nouvelle greluch … star " (y m’a forcé … moâ j’voulais pas r’garder Juliiiiiiiiiiieeeeeeeennnnnnn, hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, votez pour lui, votez pour lui ! ! ! ! ! (Mesdames MD, Cremessante , Môssieur PaCa et moi-même allons créer le Comité de Soutien à Julien, et je dirigerai le département " Foutez le à poil ").
Et puis il y aura aussi les seconds, puis les troisièmes, et tous ceux qui suivront …
par LouDaDou le 2004-04-16 06:49:06
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Mardi 30 mars 2004
J’avais promis de pas l’faire. C’est mal. C’est vil.
Je sais.
Mais je peux pas m’en empêcher. Alors je vais balancer.
Là, je m’adresse à tous ceux qui vivent à proximité des couloirs aériens de Roissy, d’Orly, ou de tout autre aéroport de taille conséquente.
A ceux aussi qui habitent près d’une autoroute, un périph’, au-dessus d’une boite de nuit, derrière une usine de fabrication de tondeuses à gazon (avec circuit d’essai), ou encore à côté d’un élevage de porcs.
Ceux-là sauront ce que je vis.
Ceux-là et tous ceux, bien sûr, qui vivent la même chose que moi, ô infortunés frères et sœurs :
Le PaCa ronfle !
Si si.
J’ai bien conscience d’écorner un mythe, mais c’est vrai : je crois qu’il ne passerait aucun contrôle de décibels, même avec les normes les plus souples du monde.
Vous prenez tous les exemples donnés plus haut, vous les mettez ensemble et vous montez le son à fond. Là vous commencerez à avoir une petite idée.
A ceux qui pensent que j’exagère, je ne leur proposerai pas de vérifier par eux-même en passant une nuit avec mon chéri, le premier qui s’approche, je tire à vue (et nan, chus pô jaloux).
Et s’il ne ronflait que quand il dort ! Mais non, il a le naseau bruyant AUSSI quand il est éveillé : hier soir, alors que nous regardions bien sagement une émission TV où la droite expliquait combien les français ne voulaient pas de la gauche, et la gauche combien les français ne voulaient plus de la droite, j’entendis un léger démarrage de moteur – version Ariane 5, bourrée de propergol.
Je me penchai, pensant voir mon chéri s’endormir … et ben non, parfaitement éveillé qu’il était !
- Méééé eûûûuuuh, cé passkeu chus dans une mauvaise positiooon
L’est cromignon …
En attendant, je crois que je vais me faire greffer des boules Quiès amovibles … peut toujours servir.
Au passage, et comme je sens que les représailles seront sanglantes (kikikikikikikiki), sachez dès à présent que tout ce que vous pourrez lire sur mon compte ici ne sera que menteries éhontées …
par LouDaDou le 2004-03-30 07:07:51
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Lundi 29 mars 2004
J’adore les cartes !
C’est vrai.
Pas n’importe quelles cartes, ben bon. Pas les cartes postales, les cartes de visite ou encore les cartes de vœux, nan !, ce que j’aime, c’est les cartes géographiques.
Quand je vois tous ces pays barbouillés avec plein de couleurs vives, le détail des régions, les indications, économiques, historiques, ou humaines, que voulez-vous, ça me met en transe.
Je sais pas pourquoi.
Un vrai gosse de 5 ans devant son premier Goldorak (ou Big Jim, ou Barbie, ou Winnie l’ourson, ou Elodie, selon l’âge et les préférences sexuelles).
Hier soir j’étais aux anges. Bon d’accord, il n’y avait que deux couleurs : rose ou bleu, et un seul pays : la France. Mais quand même, toutes ces régions qui changeaient de ton les unes après les autres, tous ces hommes politiques qui passaient du blanc pâle au bleu livide.
Quelle belle soirée ! (comme on disait dans l’poitou).
Mais le moment que j’ai préféré, c’est celui où s’est affichée la carte finale : cette France entièrement rouge hormis cette pauvre Alsace bleu horizon.
Ç a m’a immédiatement fait penser à ces cartes de France pré-1914 où étaient figurées Alsace et Lorraine, détachées du pays car n’en faisant plus partie, mais bien présentes pour souligner leur vocation à être françaises.
J’ai alors senti monter en moi une vague irrépressible de nationalisme cocardier – avec un vague fond germanophobe (alors que nos amis allemands n’ont pas grand chose à voir avec des élections dans les Lander français) - et me suis mis à penser avec émotion à tous ces chers enfants français qui, voici un siècle, apprenaient à haïr leurs voisins d’outre Rhin à la langue si mélodieuse (c’est Helmut von G. qui va bien manger ce soir), tout ça parce qu’ils avaient eu le mauvais goût de les priver de deux régions magnifiques, fleurant bon la terre de France et recelant de si jolis villages aux noms typiques tels que : Hitzbach, Blienschwiller, Niederbrownn, ou encore Krayserberg et Ammerschwihr.
Je me voyais endosser ce magnifique uniforme rouge vif, spécial tir au pigeon, fierté de l’armée française et de Madame Gomez, habilleuse officielle du quatrième régiment de Dragons, en 1914, pour courir sus à l’ennemi et libérer nos frères lorrains et alsaciens du joug teuton et pour un juste retour dans le giron de la France éternelle.
Je me voyais aussi faire corps avec les députés de ces irremplaçables provinces de l’est - dont l’esprit et la gastronomie ajoutent à la réputation de finesse de l’esprit et de la cuisine français - faire corps et âme avec ces hommes qui, en 1940, au sein de la représentation nationale, se virent vendus à l’ennemi héréditaire par un régime qui se sabordait dans un lâche et honteux soulagement.
Je sentis monter en moi les premières notes de ce chant glorieux et révolutionnaire qui, bien qu’arrivé à Paris dans la bouche de citoyens marseillais, a été écrit et chanté pour la première fois en Alsace (naan, pas " en basssant bar la Lorraine, avec mes zapooots ! !).
Mes yeux s’embrumaient, donc, en voyant cette couleur bleue et ces résultats … dont ceux du FN et … est ce qu’ils étaient si mal que ça en Allemagne, hein, j’vous l’demande ? ? ! !.
Au passage et parce que ça me fait plaisir, la terre de mes ancêtres n’a pas permis au FN d’arriver au second tour et a donné son meilleur score à la gauche : 62 %
par LouDaDou le 2004-03-29 10:26:23
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Samedi 27 mars 2004
Attention, y a danger !
Frémissez, le fantôme de Simone Signoret (entre deux cures de désintox' aux A.A.)peut frapper à votre porte, par texto et au téléphone, à n’importe quel moment du jour ou de la nuit.
Je m’explique :
Ce matin, de bonne heure, alors que mon homme et moi même étions en train de … nous réveiller doucement, le téléphone décida de nous emmerder - le téléphone, ça emmerde toujours quand on … se réveille doucement.
Nous le laissâmes donc sonner tout seul, comme un con, pendant que nous continuions à … nous réveiller doucement.
Ce n’est donc que bien plus tard que nous pensâmes à vérifier qui avait bien pu nous appeler un samedi matin et de si bonne heure, alors que nous … nous réveillions doucement.
Et là, le choc ! Une voix métallique, a priori féminine, nous débita sur le ton qu’employait Simone Signoret avec Montand dans le sketch " Le télégramme " :
- Tu.sais.que.tu.me.manqueuuh
- Je.suis.malheureuuuh
- Alor.ne.m’en.veux. pas, je.t’aime.toujoureuuh
Laïus suivi, sur le même ton ultra romantique , de l’inévitable choix :
- Si vous voulez réécouter, tapez 1
- Si vous voulez archiver, tapez 2
- Si vous voulez supprimer, tapez 3
(Devinez quelle touche nous avons choisie)
Après une bonne crise de fou-rire avec mon chéri, nous avons recommencé à ... nous réveiller doucement.
En même temps, le " télégramme téléphoné ", c’est tellement kitch
Allez, pour le plaisir, je copicol le texte du sketch :
LE TÉLÉGRAMME
Yves Montand & Simone Signoret
Montand: Quand on est amoureux, mais vraiment amoureux... eh bien ! Il y a des moments où c'est tout de suite... qu'on a envie de lui faire savoir combien on l'aime et combien elle vous manque, surtout si c'est le début d'une vraie histoire d'amour et qu'elle n'habite pas la même ville que vous. Alors il y a deux solutions. Le téléphone ou le télégramme. Le téléphone bien sûr, mais quoi de plus simple qu'un télégramme qu'elle pourra lire, garder, relire, apprendre par cœur, porter sur elle... enfin... {sonnerie}
La téléphoniste: Télégramme téléphoné 351, j'écoute...
Montand: Mademoiselle, je voudrais passer un télégramme s'il vous plaît...
La téléphoniste: Pour la France ?
Montand: Oui, pour la France
La téléphoniste: Quel numéro êtes-vous
Montand: Odéon 27 45
La téléphoniste: Adressé à...
Montand: {amoureusement} Mademoiselle Colette Mercier
La téléphoniste: {sèchement} Colette Mercier... Marcel... Eugène... Raoul... Célestin... Irma... Raoul...
Montand: Oui...
La téléphoniste: L'adresse ?
Montand: 23, square Lamartine... Besançon
La téléphoniste: Département ?
Montand: Le Doubs... Je crois...
La téléphoniste: ...Besançon... Doubs ... ! Le texte...
Montand: Mon chéri...
La téléphoniste: Comment ?
Montand: Mon chéri...
La téléphoniste: MON chéri ou Ma chérie ? ...
Montand: Non. Mon chéri...
La téléphoniste: Bon ! Mon chéri... Comme une en-tête de lettre ?
Montand: Oui, si vous voulez... Mon chéri...
La téléphoniste: Mon chéri, deux fois ?
Montand: Non ! Une fois, mademoiselle...
La téléphoniste: Ensuite...
Montand: J'entends le vent... Je t'aime
La téléphoniste: J'en-tends-le-vent-jeu-t'ai-meu... Ensuite ?
Montand: La ville est morte depuis que tu es partie, mais la statue est toujours à la même place...
La téléphoniste: ... Oh... Attendez... Attendez... depuis que tu es partie... heu... la.. la quoi ?
Montand: La statue...
La téléphoniste: Comme une statue ?
Montand: Oui, comme une statue
La téléphoniste: ... la statue est toujours à la même place... C'est ça ?
Montand: Oui, c'est ça mademoiselle... Eugène Sue me regarde... Je t'aime
La téléphoniste: Eugène ? Comme le prénom ?
Montand: Oui... La téléphoniste: Ensuite ?
Montand: Sue... Eugène Sue:
La téléphoniste : Epelez...
Montand S comme Suzanne, U comme...
La téléphoniste: Ursule !
Montand: Oui et E comme Eugène...
La téléphoniste: Sue !
Montand: Oui, mademoiselle...
La téléphoniste: Ensuite ?
Montand: Me regarde... Je t'aime
La téléphoniste: Je t'aime
Montand: Je pense à toi
La téléphoniste: Je pense à toi
Montand: Je t'aime... Je t'aime... Je t'aime...
La téléphoniste: Je t'aime, je t'aime... Alors ? trois fois je t'aime ?
Montand: Oui, mademoiselle... Paul !
La téléphoniste: C'est la signature ?
Montand: Oui
La téléphoniste: (sur un ton monocorde) Je vous relis. Vous êtes Odéon 27 45, adressé à mademoiselle Colette Mercier, Marcel Eugène Raoul Célestin Irma Raoul, 23, square Lamartine, Besançon, Doubs. Mon chéri je t'aime la ville est morte depuis que tu es partie mais la statue est toujours à la même place Eugène sue me regarde je t'aime je pense à toi je t'aime je t'aime je t'aime signé Paul !
par LouDaDou le 2004-03-27 10:15:16
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Mercredi 24 mars 2004
Un début de soirée dans une maison de schtroumf, quand ce maigre territoire est partagé avec deux chats, ça peut se dérouler de la manière suivante :
Arrivée de Dadou, la porte d’entrée est bloquée par un des milliers d’objets entassés sur les étagères et qui est tombé – forcément – juste derrière.
10 minutes plus tard, l’objet en question est repoussé grâce à un exercice de contorsionniste à faire pâlir de jalousie un professeur émérite de l’école du cirque et je peux enfin me faufiler à l’intérieur.
Entrée ratée : Cracramel, le chat-qui-pue-grave-de-le-derche, a profité des difficultés rencontrées par son maître (enfoiré d’chat) pour se barrer.
Course poursuite dans les étages (en espérant que personne n’ait la bonne idée de sortir de chez lui au même moment, ouvrant ainsi sa porte à un chat en fuite prêt à aller se planquer sous le lit d’un parfait inconnu, juste pour m’emmerder).
5 minutes plus tard. Le fugitif a été attrapé et est ramené en cellul … dans le studio.
Pour se passer les nerfs, l’ignoble félin gnaque Mâme Poulette, la chatte-la-plus-bourge-de-l’univers.
Pas l’temps d’enlever mon manteau, les deux bestioles se mettent à miauler à la mort, les gamelles sont vides. Les nourrir !. Je bute contre mon sac et manque de tomber. Cracramel qui voit là une excellente occasion de se venger, se place entre mes jambes, et au moment où je me redresse, je re-bute et manque de me fracasser le crâne contre un rebord d’évier.
J’ouvre le placard de la cuisine en ruminant des envies de meurtre. Pas assez attentif, 3 boites de Wiskas tombent et explosent 2 verres que, par manque de place, j’avais posés en équilibre au bord du plan de travail.
Tenir Mâme poulette éloignée des bris de verre avec mon pied droit, Cracramel avec ma main gauche, et ramasser les morceaux avec ce qu’il me reste de libre.
…
Les chats mangent, pause ! … qui dure 25 secondes : le guyanais a déjà fini de bâfrer et tourne dangereusement autour de la bourgeoise qui, elle, n’a toujours pas fini et qui commence à le regarder d’un œil inquiet.
Vite, trouver quelque chose ! J’ouvre la fenêtre, ça marche, il sort dans la cour. Bon, il fait moins 15° et j’me pèle, mais au moins j’ai la paix.
Je garde mon manteau.
Mon odorat qui jusqu’ici avait eu la gentillesse de ne pas se manifester, profite de ce moment de calme pour m’envoyer un discret message : " Putain ça pue ici, il a encore embaumé toute la pièce avec son cul pourri ! ! " … nettoyage de litière … de loin l’occupation que je préfère.
5 minutes plus tard, exercice de nettoyage de litière à grande eau terminé, Dadou soulagé, retour de Cracramel qui profite des toilettes toutes propres pour déposer l’étron du mois.
Là, je commence à avoir envie de pleurer. Je me laisse choir (nan, pas comme une vieille crotte !) sur le canapé-lit-bureau-table à manger (dans les petites surfaces, faut avoir des meubles fonctionnels et multi usage).
Mâme Poulette, dans un grand élan d’affection, vient me réconforter en se collant à moi. Elle pue pas du derche Mâme Poulette, nan, elle, sa spécialité c’est d’avoir du caca collé à ses poils- qui sont longs, très longs, trop longs - et d’en laisser partout où elle pose son cul. Me voici donc, entre deux sanglots, nettoyant mon pull, la petite table de salon où elle s’est assise, le bureau, le clavier de l’ordinateur, la moquette …
2ème nettoyage de litière.
2ème passage de Cracramel dans les toilettes pour chat.
‘Commence à avoir envie de manger un civet.
Là, grosse bêtise : je passe dans la salle de bain, toujours trempée pour cause de taux d’humidité de 300 %, et je ne referme pas la porte en sortant. Faut quand même être distrait.
La bourge n’en attendait pas tant, elle fonce dans la salle d’eau et va danser la rumba dans le bac à douche. Elle en ressort ravie, toute mouillée, et se met à saloper consciencieusement tout le studio en marchant partout où elle peut.
L’envie de civet se fait de plus en plus aiguë.
Cracramel se met à jouer avec les pinces qui tiennent le linge séchant depuis 4 jours (sans autre résultat qu’un début de pourrissement) sur le Tancarville (qui prend la moitié de la pièce), en fait tomber une demi douzaine, plus les fringues, qui pataugent désormais dans les traces laissées par la vieille bourge.
Sortie dans la cour de Mâme Poulette. L’autre en profite pour réclamer un troisième quintal de bouffe. Incroyable ce qu’il peut miauler fort ce chat … et bouffer.
Sur ce, arrivée du sieur PaCa qui déclare :
- Ben t’aurais au moins pu faire la caisse et donner à manger aux chats ! … et pis nettoyer un peu leurs saloperies, et pis merci pour le linge que j’ai lavé …
…
Que voulez-vous que je vous dise. Et ce n’était qu’un exemple …(et j’exagère à peine, juré).
par LouDaDou le 2004-03-24 08:56:12
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Samedi 20 mars 2004
… de vouloir influencer qui que ce soit, mais j’aimerais, à moins de 24 heures d’un scrutin régional pas du tout - du tout national, me faire l’écho de 2 ou 3 joyeusetés proposées, avec sourire et dents affûtées, par cet homme charmant qui ne dirige pas du tout – du tout le pays, j’ai nommé Monseigneur Ernest-Antoine Seillière, ci-devant baron, seigneur du Medef et pourfendeur devant Saint-Profit de tous les chômeurs, bas salaires, retraités, bénéficiaires de la solidarité nationale (assistés sociaux dans le langage medeféen) et autres sangsues qui font rien qu’à l’empêcher, lui et ses petits camarades patrons, d’encaisser encore plus de brozoufs.
Donc ce saint homme, s’appuyant sur un rapport rédigé par un autre ci-devant, ordonn … demande humblement, mais avec volupté, au gouvernement encore en place, de procéder à un léger toilettage du code du travail.
Petite explication de texte :
Elargir le recours du contrat de travail à durée déterminée et ne plus être limité dans l’utilisation de cette forme socialement très avancée d’emploi :
- tu te fais embaucher par contrats d’1 ou 2 mois - pas 3 passkeu sinon la zentille boite est obligée de payer des cotisations sociales - autant de fois que ta boite le veut, et tu te fais virer ensuite quand ça l’arrange.
Supprimer les dispositions relatives au harcèlement moral :
- ton patron aura le droit de t’insulter, de te surveiller en braquant, par exemple, une caméra sur toi, ou directement sous le bureau pour les jeunes et joulies jeunes femmes, il pourra, si ça lui chante, te retirer 1 jour de salaire si tu as dépassé ton temps de pause d’un quart de seconde, te faire des réflexions désagréables s’il est de mauvaise humeur, ou s’il veut te faire craquer pour que tu démissionnes, sur ta tenue, tes cheveux, ta façon de parler ..., bref il pourra faire peu près tout ce qu’il veut, et grâce au baron Seillière et à ses affidés détenteurs de maroquins, t’auras plus que le droit de la fermer, ou à la rigueur de dire merci … avec le sourire .. et les yeux baissés, faudrait pas non pû voir à manquer de respect !
Ce grand capitaine d’industrie aimerait bien aussi, tant qu’on y est, que le gouvernement ne fixe plus les revalorisations du SMIC, mais que ce soit une commission " indépendante " qui le fasse en fonction des gains de productivité des non qualifiés :
- Ouuuhh,le vilain piti ouvrier kila pas produit son quota de 2 millions de boulons pour le mois - alors qu’un ch’tite nenfant pourrait le faire pour beaucoup moins cher tout là bas dans les pays très pôv’ - et dont le modèle social est un exemple pour tous les dirigeants d’entreprise du monde – même que l’ouvrier y f’rait bien de pas s’montrer trop mécontent de pas avoir eu un kopeck d’augmentation depuis des années, s’il veut pas qu’on délocalise sa boite … et ben y s’ra pas augmenté non pû cette année, allez, r’venez nous voir l’année prochaine, on verra c’qu’on peut faire pour vous … vraiment, comment vous faites pour ne pas vous en sortir avec un SMIC, vous ne savez pas gérer votre budget, mon ami !.
Encore un p’tit, pour le plaisir ? ! ! : L’entreprise décidera toute seule, comme une grande, du seuil de déclenchement des heures supplémentaires, leur volume et leur taux de majoration :
- Que ceux qui avaient des week-ends sympas ou plein de vacances grâce aux 35 heures (qui n’ont pas ruiné la France, non Madame) en profitent, y en plus pour longtemps. Qu’ils s’habituent aussi à ce qu’on leur dise : " Ah mon cher John, vous avez travaillé 150 heures ce mois-ci, d’accord, mais le seuil d’heures sup’, c’est à partir de 500 ! … payées 3 € de plus, et vous avez le droit à 2 heures supp’ par mois, pas plus … vous comprenez, restrictions budgétaires ".
Bon … j’peux pas m’en empêcher … mais c’est vraiment l’dernier : désormais, plus de représentants du personnel avec des tas de sensibilités syndicales différentes, mais une instance unique : Comité de dialogue social :
- C’est-y pas beau, et pis une instance pas du tout à la botte de la direction, ah ben non …
Mais, comme l’a déclaré le patron des patrons : " Faisons confiance à l’entreprise ".
Et la marmotte …
par LouDaDou le 2004-03-20 08:31:54
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Mardi 16 mars 2004
J'ai quitté voici un mois La Taule, mon ancien boulot à moi que j'avais, pour arriver à La Planque(de chez La Planque ), mon nouveau boulot à moi que j'ai.
Je sens que je vais souvent poster ...
par LouDaDou le 2004-03-16 10:48:39
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Mardi 16 mars 2004
Mon TendreuZamour et moi, quelque peu-franchement-beaucoup lassés de partager avec deux chats (dont un qui doit développer un pourrissement décompositoire interne des intestins méga grave, d’après l’odeur de ce qu’il laisse dans sa litière) un studio tenant plus du mobil home que du nid douillet, et obligés de patienter un temps certain, je dirais même plus un certain temps, avant de retrouver une zolie petite maison chère à mon cœur, nous sommes décidés à nous mettre à la recherche d’un appartement … plus grand … beaucoup plus grand.
Psychologiquement préparés à l’idée de devoir affronter des hordes d’agents immobiliers exigeant des références en béton armé : une quadruple caution des parents, employeurs, voire même des cousins par alliance, des revenus 14 fois et demi plus importants que le montant du loyer, une liste des tares génétiques familiales remontant à la 23ème génération et la promesse de noyer les chats avant d’emménager, nous partîmes donc en quête du logement de nos rêves, forcément hors de prix, forcément petit et pour lequel il nous faudrait forcément éliminer physiquement au bas mot 300 autres candidats potentiels.
Pénible !
La variante de l’agent immobilier, quand on s’adresse directement à un particulier, est le retraité qui s’emmerde et qui, par conséquent, te tient 3 plombes au téléphone pour t’expliquer comment fonctionne le sanibroyeur des toilettes et te répète une vingtaine de fois qu’il ne faudra surtout pas y jeter ta serviette hygiénique. En même temps ça tombe bien, je n’en utilise que très rarement, des serviettes hygiéniques. Il te pose ensuite des tas de questions plutôt indiscrètes sur ta vie privée, puis te demande de rappeler le lendemain parce qu’il ne peut prendre aucune décision sans sa femme qui est en visite chez son arrière grand-mère à Bar-le-Duc.
Le lendemain, re-bigophone au vieux qui, non rassasié de détails sur la façon dont tu enfiles tes chaussettes le matin, te demande la couleur de ton slip, un certificat de moralité signé par l’archevêque de Paris et un engagement écrit du président du Tribunal Pénal International de La Haye affirmant que tu n’es pas un horrible criminel. Toutes ces pièces rassemblées, le vioque te propose un rendez-vous en compagnie de 25 autres couples, à l’issue duquel il fera son choix définitif.
Crise de nerfs assurée en moins de deux semaines.
MAIS, dans un monde meilleur où tout le monde il est bel et bon, il y a une autre version possible pour l’histoire de " il était une fois je voulais déménager, même que ouais ", version qui tient à la fois d’Alice au pays des merveilles et de la quatrième dimension :
Tu dînes bien tranquillement un vendredi soir avec des amis de ton chéri, personnes que tu rencontres pour la première fois. Très sympas, excellente soirée. Au détour d’une phrase, ils indiquent qu’un membre de leur famille quitte son appartement et compte le louer. Ni une ni deux (j’adore les expressions mémères), un coup de téléphone à la personne en question et rendez-vous est pris pour le surlendemain..
Le jour susdit arrive :
Sortie du métro, quartier populaire mais pas craignos, plein de petits commerçants, super. Arrivés dans l’appartement, accueillis par une jeune femme souriante, très sympathique, ouverte, qui nous fait visiter sur le champ : appartement géniiiiiiiiiiiiiaaaaaaal ! ! ! ! ! ! ! !
Grand, clair, bien fait, plein de charme, l’i.dé.al !
Nous sommes d’accord immédiatement pour prendre l’appart’, elle est d’accord pour nous le louer. Elle nous propose de nous vendre un certain nombre d’objets mobiliers dont nous avons besoin et que nous n’aurons pas ainsi à déménager. J’ai une voiture, pas d’problème, elle a aussi un box à louer. Il nous faut un peu de temps à cause du préavis de la maison de schtroumphf, pas d’problème, elle peut nous en laisser, du temps. Elle est contente, nous sommes sur un petit nuage.
Surexcités, nous repartons en sautillant partout, on fait un tour du quartier :
- Oh, un boucher
- Oh, un fromager, pis un resto japonais
- Ah ouais, pis y a un supermarché
- Et on pourra prendre le bus pour aller au boulot
- Oué, et ilalair sympa ce café là, viens, on va boire une bièr … une limonade pour fêter ça
- Et comment on va décorer
- Et patati
- Et patata
C’est bien de tirer des plans sur la comète. C’est bien d’avoir plein de projets. C’est bien d’être content passkeu les chats y zauront plein de place et pis que nous aussi on aura plein de place. C’est bien de se dire qu’on va être chez nous. Ce s’rait-y pô l’bonheur ça ?
Et pis des bisous à Mâme Vérola et son chéri, plein par dessus la tête …
par LouDaDou le 2004-03-16 04:08:39
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