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Mardi 14 septembre 2004
Afin de couper court aux ignominieuses accusations de paresse bloguistique aggravée proférées à mon endroit par cet odieux personnage (bouh le vilain !), voici en quelques lignes le récit d’un samedi soir plutôt pénible, avec fin en apothéose :
Quand on connaît quelqu’un depuis plusieurs années, que ce quelqu’un est votre ami, qu’on l’aime de grande amour, et qu’il, en l’occurrence elle, s’est mise récemment à la colle avec un gars, comment dire, un peuuuu … lourdingue, ben on fait avec, on sourit et on dit : " samedi prochain, chez lui, là bas au fin fond de la banlieue, à 19h30 précises … putain !… hein ?, non, j’ai dit " très bien ", ouioui, c’est sympa d’sa part de nous inviter … ah, y nous aime bien … quelle chance ".
Vous raccrochez en hurlant, " bordel de merde un week end de gâché en perspective, fait chier con ! ! ! ! ", rattrapant d’une main, in extremis, deux chats affolés sur le point de sauter du 5ème et de l’autre le chéri dont la subite couleur violacée et le souffle coupé, main sur le cœur palpitant, vous fait penser que vous avez peut-être crié un peu fort et que, finalement, les cours de premier sauvetage pris 15 ans auparavant vont être utiles.
Vous maudissez au passage votre copine qui a été se coller avec ce type, si au moins elle avait l’air heureux, mais bon, les amis, qu’est ce qu’on n’est pas prêt à faire pour eux, comme disait l’autre.
Ce n’est que le samedi suivant, dès le réveil, que vous commencez à développer le fameux syndrome du " p’tain, j’ai pas envie d’y aller, et si on disait qu’on est malade, ou mort, hein, c’est bien ça, mort, et pis après on réapparaîtrait, comme dans Dallas … alleeeeez, j’veux pôôôô yaleeeeer, ", lequel syndrome vous fera arriver avec une bonne heure de retard, vu qu’au moment exact où vous devez partir pour être à l’heure, vous êtres encore attablé à la terrasse d’un petit café de Montmartre en train d’essayer de convaincre votre amoureux de r’prendre un ptit dernier, mais siiiiii, j’te jure, on a l’temps.
Parce que le gars, il vous a déjà gonflé à deux ou trois soirées, le gros relou, il vous a pété les couilles avec son matos stéréo-vidéo-informatico-mescouillo-mégalophonique à 100 000 € " kifo ke tu t’achètes le même ! , et je t’ai parlé de komen ke j’ai retapé ma bagnole ?, attends j’t’explique le moteur ", pendant que vous cherchiez désespérément à accrocher le regard d’une bonne âme prête à prendre le relais, sans en trouver, bien sûr, les enfoirés se gardaient bien de regarder dans votre direction !
Mais là, le danger est maximum : il est chez lui, sur son territoire, va y avoir son odeur de pipi partout, ça va le rassurer et y va s’lacher, on est dans la merde, bordel.
Et y s’est pas gratté.
Le problème c’est qu’il ne s’est pas lâché là où on l’attendait. On craignait " bagnoles ", " motos " et deux ou trois autres sujets passionnants du même tonneau, et d’ailleurs on y a eu droit.
S’il s’était contenté de ça.
A quel moment me suis-je rendu compte que la conversation, que je m’appliquais consciencieusement à ne pas suivre, a changé de ton ? Me rappelle plus.
Ce dont je me souviens, en revanche, c’est de l’expression de mal à l’aise très prononcé de ma copine, laquelle me regardait me décomposer à mesure que je prenais conscience de ce que son type racontait :
Complètement ulcéré, je l’ai écouté proférer, avec dans ses paroles la plus grande violence et une haine insensée - et pas du tout assumée puisqu’il protestait à chaque phrase de ce que les juifs ne le " dérangeaient " pas du tout –, les pires clichés antisémites, les fantasmes les plus rebattus, si anciens et si profondément ancrés, que la mort même de millions de personnes n’a pas réussi à les extirper de nos sociétés.
De " ils sont partout dans la musique, le cinéma, la télé " à " c’est eux qui font pression sur le gouvernement pour qu’il applique la politique qu’ils veulent " en passant par " ils ont l’argent et les places, tiens, dans ma rue par exemple, le pharmacien, le médecin … sont tous juifs ", on a eu droit à la rhétorique la plus nauséabonde du genre.
J’ai déjà entendu pas mal de personnes dire sur l’air de " non mais j’ai rien contre eux, je leur ferais pas de mal " des horreurs antisémites, petites phrases distillées par ces gens se réclamant de courants de pensées humanistes, se disant tolérants, antiracistes, respectueux de l’autre, petites phrases me faisant penser que, décidément, la bête semble dormir, mais qu’elle peut se réveiller à chaque instant, ce démon prêt à faire glisser du " je n’aime pas la politique du gouvernement Sharon " à " je n’aime pas les juifs ", comme ça, très simplement et en toute bonne conscience.
Au début, on n’y croit pas, on refuse d’y croire. Tout ça, cette haine, ça existe encore, bien sûr, mais chez quelques jeunes des banlieues en mal d’identité et chez 2 ou 3 fachos au crâne rasé, les derniers, mais c’est tout.
Et ben non, c’est pas tout. Cette gangrène existe toujours, elle n’a jamais cessé d’exister, partout, même là, dans ce salon, parmi ces personnes qui appartiennent à une catégorie socioprofessionnelle qui a accès à l’éducation, à l’information, aux loisirs, qui ne manque de rien, qui n’a pas de raison de sécréter de haine, ces personnes à qui, pourtant, on a inculqué la mémoire du passé, cette frange de la société qu’on étiquette un peu rapidement, un peu lâchement, parce que c’est tellement plus facile et plus rassurant de ranger les gens et les idées dans des cases bien nettes, sous l’appellation " de gauche ", donc détaxée par définition de toute forme d’idéologie malsaine, parce que ces idées la, Madame, on ne les trouve que dans la caboche de quelques individus fanatisés, mais les vrais gens, eux, ne sont pas comme ça.
Les gens sont comme ça pourtant. C’est pas facile de se le dire. Pas facile d’admettre que tout ne va pas bien, que le danger est là, tout proche, à côté de soi. Pas facile de ressentir physiquement, et pas seulement d’en être conscient intellectuellement, de façon un peu lointaine, sans se sentir vraiment concerné, la peur.
Pas cette peur, réaction à un danger présent et immédiat, mais une peur diffuse, une prise de conscience que ce confort dans lequel on baigne et qui nous endort n’est qu’une illusion, que tout peut basculer et qu’il faut arrêter de se dire " on ne risque rien, tous ces actes antisémites et racistes ne sont le fait que de quelques personnes, tout cela est loin, on n’est pas dans les années 30, quel intérêt d’aller voter … ".
Prise de conscience que rien n’est acquis définitivement, qu’il faut se battre tous les jours et essayer de discerner les signes d’une société qui dérape … si on peut.
Avec ce genre de type, on essaye de discuter quand même. En bon cartésien on espère que les fantasmes vont disparaître et faire place à un bon et sain raisonnement. Si c’était aussi facile. Ensuite, c'est à celui qui hurle le plus fort, jusqu’à ce que, fatigué, on refuse de continuer sur le sujet, le cœur au bord des lèvres, dans une dernière explosion de colère quand l’individu, pour étayer ses " arguments ", propose, horreur suprême, de regarder l’ours de Télérama afin de lister les noms censés être juifs.
Lessivés, le Zamour (qui refuse désormais de se retrouver en présence de ce type) et le Moimême (ça va être facile, tiens, de dire à mon amie que désormais, ça sera elle sans lui ! – mais parfois, faut avoir le courage de dire les choses difficiles à ses amis – et eux doivent avoir le courage de les entendre), sommes rentrés à notre joulimaison à 3h30 du matin.
Nous avons garé la DadouMobile dans le parking (4ème sous-sol, super pour un film d’angoisse) et sommes sortis de l’immeuble très bien gardé (faut ouvrir 157 portes blindées pour atteindre les parkings) dans lequel elle dort.
Ce n’est que quelques mètres plus tard, dans la rue, que je me suis rendu compte que les clés de l’appart’ étaient dans mon sac, lequel était dans la voiture, laquelle était dans le parking auquel on ne pouvait accéder qu’avec une clé, laquelle était dans mon sac, lequel était dans la voiture …
La nuit n’était pas terminée …
par LouDaDou le 2004-09-14 10:31:29
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Mercredi 28 juillet 2004
Mail envoyé hier à Emmanuelle :
" Salut loukoum
Comment ça va ?
Pour moi toujours pareil, fait chier à donf’.
Cette bande de bras cassés me casse de plus en plus les couilles.
Y en n’a pas un pour rattraper l’autre. Entre les cons, les neuneus et les pov’ tâches qui se noient dans un verre d’eau, chus au bord de me faire une corde avec les trombones pour me pendre avec.
La vieille peau est en vacances, avec un peu de chance elle passera pas l’été.
Et toi, ça va avec tes tarés ?
Bises de ton Dadou d’amour"
Et hop, j’écris " e " et " m " dans l’adresse, je tape sur " entrée " et l’adresse mail s’inscrit en entier et " envoi ".
Réponse trois minutes plus tard :
" Pardon ? ?
Je pense que ce courriel ne m’était pas destiné !!!
Emmanuel R.
Conservateur général du patrimoine "
Ouuupppsss …
par LouDaDou le 2004-07-28 05:02:25
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Jeudi 15 juillet 2004
PaCaaaaaaaaaaaaa, hééééééééééé, PaCaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
Alleeeeeeeeeeeeeez, dis le mouaaaaaaaaaaaaaa
C’est kooooooaaaaaaaaaaaaaaaa, hein dis, c’est kooooaaaaaaaaaaaaaaaaaa
C’est grand ou c’est p’tiiiiiit, j’veux savoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir
Steuplééééééééééééééééééééééééééé
Dis le moooooaaaaaaaaaa
Ca a quelle couleeuuuuuuur, heinnnnnnnnnnnnn
…
9 jours pour lui faire dire cékoa mon cadeau d’anniversaire ! !
J’y arriverai
…
c’est koaaaaa, diiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis
…
par LouDaDou le 2004-07-15 10:28:05
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Mardi 13 juillet 2004
Dans ce combat naval au tir de mortier par voie aérienne que nous nous livrons, ces temps-ci Lui et Moi, je suis sur le point de prendre un avantage - peut-être - décisif.
Première attaque (massive) de ma part, il y a quelques semaines : mariage d’une cousine en Bourgogne. Le coup fut rude et ébranla les défenses adverses.
Mais ses forces, bien que gravement touchées, ne furent pas anéanties. Et rapidement la réplique arriva, foudroyante : week-end rochelais et parental ! Mais plouf, coup dans l’eau, l’attaque s’est retournée contre son auteur (voir plus bas).
J’ai donc aujourd’hui un petit avantage que je m’apprête à transformer en victoire écrasante. Je vais terrasser le PaCator, lui asséner le coup fatal et prouver définitivement queuuuh … j’ai vraiment la famille la plus dingue ! !
Le week-end prochain, réjouissances campagnardes concoctées par lé yénéral Dadū. Ca va être grand, ça va être fort, ça va être terrible.
Première phase : isoler l’adversaire.
On va dans la maison de campagne familiale, située aux Rieux-Jeunes, tout près des Rieux-Vieux et des Guilloux, commune de Saint-Symphorien-sur-Couze, pays de Saint-Pardoux, pour ceux qui connaissent. On peut pas faire plus paumé (sauf à Papaïchton, nom local, dont la version française est " Pompidouville ", d’une charmante localité à 3 jours en pirogue de tout, quelque part en Amazonie française).
Deuxième phase : l’encercler.
Mon père, ma mère et leur sale cab…leur adorable lévrier de deux ans qui court partout et qui piétine tout, de préférence toi, qui ne s’arrête jamais, le tout sous les hurlements des parents qui essaient, en vain, de calmer ce con de chien, qui en plus jappe tout le temps et bave.
Ca devrait suffire à l’encercler et contribuer à affaiblir considérablement sa résistance.
Troisième phase : guerre psychologique.
Discussion avec les beaux parents. Ou plutôt absence de discussion. Un long, un interminable silence. Pas de sujet de conversation, aucun, rien. Vide total. Puis, après quelques verres, un éventuel méga pétage de plombs. Difficile de survivre à ça, mais l’est coriace l’bestiau.
C’est là que je sors mon arme secrète.
Quatrième phase : la grand-mère.
Bon, d’accord, là chus un enculé. Mais je ne reculerai devant rien, pas même devant les moyens les plus dégueulasses. Le PaCa va avoir l’extrême chance de rencontrer cette femme dont, par analogie, j’ai donné le prénom à toutes les matoutous (araignées, famille des mygales) qui vivaient sur mes murs en Guyane : Marie-Louise. Pourquoi ? Et bien parce que ces petites bêtes, charmantes quand on les connaît (contrairement à l’autre), glacent le sang quand on les voit pour la première fois. Tatie Danielle, à côté, c’est Mamie Nova !
Je ne suis pas très tendre avec mes ancêtres me direz-vous. C’est un fait. Mais y a tellement matière à, que ça serait un crime de ne pas en profiter.
Cinquième phase : les réserves.
Si après tout ça la bête bouge encore, il me reste deux options pour finir de l’achever :
- la visite des deux caveaux qui m’attendent dans le plus grand cimetière européen, à Limoges ;
- la visite d’Oradour-sur-Glane à seulement quelques kilomètres.
Effet garanti.
Je suis un être ignnoooobleuuuuh, gnnnnniiiiiiiiii
par LouDaDou le 2004-07-13 08:57:23
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Lundi 12 juillet 2004
Comme le souligne fort justement Mâme MoltoCattiva, il y aussi ça qui desespère !!
et re-putain de semaine ...
par LouDaDou le 2004-07-12 09:09:14
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Lundi 12 juillet 2004
Le Lay : Le métier de TF1, "c'est d'aider Coca-Cola à vendre son produit"
Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d'autres patrons dans un ouvrage intitulé Les Dirigeants face au changement (Editions du Huitième Jour), livre sa conception de la télévision. "Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective 'business', soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit", estime M. Le Lay.
"O,r pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible", poursuit le PDG de la Une.
Y a rien que je déteste plus un lundi matin que ce genre de lecture : ça m'éneeeeeeeerve et chus en boule le reste de la semaine.
Putain de boite à cons !!
par LouDaDou le 2004-07-12 08:17:19
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Mardi 6 juillet 2004
Puisque j’avais fait avaler à le PaCounet – jusqu’à la lie – un mariage familial et bourguignon voici deux semaines, après tout, y avait pas d’raison, fallait bien que je trinque moi aussi.
Donc, le week end dernier, pas de quartier : présentation officielle du Dadou aux beaux parents, le PaCaPaPa et la PaCaMaMa !
Je passe sur les détails de la rencontre, vous saurez tout en lisant " Voilà " dès demain matin.
Ce que vous n’apprendrez pas, en revanche, dans votre magazine préféré, et que je m’en vais vous conter par le menu, ce sont les détails croustillants sur le PaCa de 0 à 20 ans, avec documents photographiques et filmés à l’appui (et même - et surtout - sonores), le PaCaPaPa ayant eu l’excellente idée de faire passer le super 8 d’époque en VHS.
C’est ainsi que j’ai eu le bonheur de pouvoir observer l’objet de mon affection à tous les âges, y compris les plus boutonneux, et dans toutes les tenues : des pattes d’eph. et pulls licra années 70 aux combinaisons " cosmonaute " gris métallisé (Man Power) réhaussées de quelques colifichets très colorés made in Madona, du meilleur style 80’s, ou encore déguisé en Robert Smith, probablement dans le but de lui intenter un procès en paternité, le tout surplombé soit – et selon les époques - d’une moumoute à faire pâlir d’envie la famille Jackson au grand complet et à sa grande époque, soit d’un casque version " ouiiiiinnnnn, mouah chus jeuuune et j’ai les cheveux looongs, tu peux paaaas m’compreeeeeendre, t’es vieux t’as au moins 30 aaaans, bââââââaaaaahhh, c’est mooooche un vieuuuux ".
J’en passe et des plus moch … des plus typiques de leur époque.
On passe aussi sur les mimiques de l’adolescent passablement gauche quand il entre dans le champ de vision d’une caméra, surtout quand il est en maillot de bain (j’fume ma clope l’air de rien, j’prends l’air blasé et j’regarde ailleurs, la lippe méprisante, je respire plus et je contracte les abdos, bref je pose), et on vient directement à ses essais en tant que réalisateur, un pur bonheur.
Au cas où vous ne le sauriez pas, le PaCa est doué d’un sens du rythme et d’une oreille qui lui ont fait gagner deux des prix les plus prestigieux parmi tous ceux remportés dans sa déjà longue carrière : le deuxième prix au concours annuel de danse de la Maison de repos pour culs-de-jatte de Saint-Cloué-Lès-Fondechaise dans la Meurthe-et-Moselle, d’une part, et la médaille de bronze du radio crochet 1952 (eh oui, l’est plus tout jeune) du Centre d’apprentissage de la langue des signes pour autistes sourds et muets de Mouilledois-sur-Vienne, à 10 km au nord de Limoges par la RN20, d’autre part.
Et bien ce demi dieu du rythme et de la chanson a eu, une année dont je ne donnerai pas les chiffres afin qu’il ne m’accuse pas de divulguer – encore - son âge canonique, entre deux crises d’acné post pubère, la gentille et charmante idée de faire du film de ses familiales vacances, une œuvre cinématographique très Nouvelle Vague avec musique de fond.
Très réussi !
Si, si.
Le film, pardon, le chef d’œuvre, consistait, pendant environ 3h45 coupées en plans séquences de ¾ d’heure chacun (pas lassants du tout), en un portrait du chien Poupy (faux nom choisi par souci d’anonymat), courant sur la plage, encore et encore et toujours, sur un fond musical composé de plusieurs morceaux s’enchaînant avec brio, et particulièrement bien choisis dans le répertoire des plus prestigieux compositeurs et interprètes de la Grande Musique : Rondo Veneziano, François Valéry ou encore l’oncle Gaston, parent par alliance de Jean-Michel Jarre.
Rarement autant rigolé moi.
Ses parents, sans pitié malgré les supplications de leur fils, ont tenu à me passer tous les films dans lesquels figurait Junior, et j’ai à présent matière à le faire chanter jusqu’à la fin de ses jours.
J’adore ça !
Ils ne l’ont laissé respirer que lorsque, pour la 157ème fois, le petit chéri proposait, histoire de détourner très subtilement l’attention, de faire une partie de pétanque.
PaCaMaMa a alors éteint la télé en disant le plus naturellement du monde cette phrase extraordinaire : " Bon, on y va, t’es vraiment accroc aux boules toi ! ".
Que voulez vous que je vous dise.
…
Dernier petit détail : l’équipe PaCaPaPa/Dadou a pilonné l’équipe PaCaMaMa/Junior à la pétanque, avec ces scores sans appel : 2-13 et 5-13.
Trop fort.
par LouDaDou le 2004-07-06 11:18:57
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Mardi 29 juin 2004
J’ai parlé plusieurs fois déjà de certains de mes collègues, de ma chef, ci après dénommée la Maréchale des logis chef, et ce dans des termes pas toujours, comment dire, très flatteurs.
Je n’ai pas, non plus (mea maxi culpa), toujours été très sympathique dans l’évocation de ce magnifique établissement, dépendant d’un ministère admirablement dirigé par un ministre qui éclipse tous ses prédécesseurs par la vivacité de son talent et son incroyable génie visionnaire (on sait jamais, si j’étais lu …), cet établissement, donc, qui me rétribue royalement chaque mois pour un travail laborieux que j’accomplis dans un esprit de sacerdoce que ne renierait pas le trappiste le plus exigeant.
Et bien aujourd’hui est venue l’heure de la contrition.
Fini le temps de la moquerie facile.
Terminé les gausseries mesquines et blessantes.
Fi de ces jugements intempestifs à l’emporte pièce, fondant sans pitié sur mon merveilleux JoliCravail à moi que j’ai et ses très compétents serviteurs, mes collègues, mes amis, mes frères.
Aujourd’hui j’ai appris La Vérité.
Aujourd’hui j’ai su, j’ai vu, j’ai effleuré de mes doigts l’indicible.
Désormais cet endroit et tous ceux qui y travaillent sont à mes yeux auréolés de grâce, du seul fait de cet événement qui s’est déroulé entre ses murs sacralisés :
Voici quelques années, ce vénérable établissement à été choisi pour abriter le tournage et servir de décor au film le-mieux-qu’il-est-beau-de-la-terre, ce monument du cinéma français, ce chef d’œuvre qui nous a poussés, mon chéri et le moi-même à courir toutes les rues de la capitale un dimanche, férié, de nuit (c’est dire si on était motivés) pour trouver LE magasin, ouvert, et qui l’avait dans ses rayons.
Ce film dont pas un metteur en scène, pas un producteur, pas une star d’Hollywood ne peut entendre le titre sans verser une larme d’émotion :
PAPY FAIT DE LA RESISTANCE
Je sais … je vous laisse quelques instants pour vous reprendre.
…
Me dire qu’ici même, à l’endroit où mes yeux se posent, la Maillant s’écriait " Ah la malheureuse ", avec un ressort comique jamais plus égalé depuis.
Moi ki aime ttellement rrikoler, oui, chémeu peaukoup rirre ! !
Bien sûr, j’ai voulu partager avec mes collègues toute cette émotion et toute cette joie. Aussi, à chaque fois que j’en croisais un, ché lui pparlais kom za, affec un agzent dré zubdil, et je lui récitais des passages entiers – que bien évidemment je connais par cœur – du film.
J’ai même voulu, ce midi, organiser un grand déjeuner tous ensemble et faire des jeux de rôle … mais il n’y avait plus personne quand je suis venu les voir.
Comprends pas …
Pon, zé pa tou za, mé ché tois partir pour retrouffer mon chéri
par LouDaDou le 2004-06-29 11:33:11
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Vendredi 25 juin 2004
J’y peux rien, ça m’énerve.
J’vous jure que j’essaie de toutes mes forces de m’en foutre.
On a beau me seriner tous les jours que je suis un dinosaure qui comprend rien à l’air du temps, que je suis dépassé, obsolète, ringard, stupide, voire dangereux … chus pas convaincu.
Dernier exemple en date : ce matin.
Bien que submergé par des tonnes de travail, hyper urgent, et dont dépendent, au moins, la bonne marche du monde et la survie de l’espèce, j’ai pris quelques minutes pour aller lire l’édition en ligne d’un journal du soir.
Bien.
Et là, entre deux attentats-accidents-enlèvements-meurtres-viols-matchs-de-foot-bretzels-météo, que lis-je ?
" Après des semaines de discussions, le groupe (Siemens) et le syndicat se sont mis d'accord pour préserver l'emploi en Allemagne(j’aime beaucoup la formule). Le contrat, qui entrera en vigueur début juillet et sera valable pour deux ans, prévoit que l'ensemble des salariés des deux usines travaillent à compter du 1er juillet sur une base annuelle de 1 760 heures. Cela correspond à "un peu moins de 40 heures par semaine", contre 35 jusqu'à présent, sans compensation de salaire. Les primes de Noël et de vacances doivent également être remplacées par une prime annuelle liée aux résultats. Selon la direction de Siemens, le groupe, qui ne gagne actuellement que un euro par portable vendu, réduira grâce à cet accord ses coûts de production de 30 %, soit l'équivalent de 5 euros par portable. "
Donc, si je comprends bien – je suis quand même un peu lent – nous avons ici affaire à un chantage.
Ah ben si, là on peut commencer à parler de chantage :
" Beeenn, on sait pô, p’t’ête kon va virer des milliers de personnes et aller en Hongrie … on a p ‘t’ête envie …mais booooon, si vous acceptez de travailler 5 heures de plus par semaine sans être payés, p’t’ête kon restera … épi faudrait laisser tomber les primes aussi, ça s’rait bien … épi faudrait dire merci passkeu on est quand même bien gentil d’rester … "
Ca peut plus durer. Faut arrêter de tergiverser, prenons dès à présent les mesures qui s’imposent pour aider la croissance à redémarrer, et donc aider les entreprises qui, ainsi, pourront embaucher et faire baisser les chiffres du chômage.
Car, bien sûr, s’il y a croissance, il y a baisse du chômage.
C’est Ernest-Antoine qui le dit …
Bon d’accord, forte hausse de la croissance en 2004 par rapport à 2003 (toujours dans le même journal) et pas de baisse de chômage à l’horizon, mais là c’est parce que hausse du coût de la main d’œuvre, climat social, fonctionnaires, charges qui pèsent sur les entreprises, tout ça-tout ça, mais normalement ça marche, hein, promis.
Donc, pour en finir avec les restes de cette nauséabonde idéologie socialo-trotsko-égalitaro-droit-de-l’hommiste qui pue grave du derche et qui empêche les gens de bien de pleurer en paix sur la dépouille de Saint Reagan R. (mort ! Restent encore : II, J-P., Thatcher.M. , Pinochet A., Castro F. et quelques autres parmi les grabataires encombrants, même que ça s’rait bien s’il y avait un petit coup de chaud cet été sur Londres, Rome, Santiago et La Havane), je propose ceci :
- Le travail c’est la santé, donc plus de sécurité sociale, plus de remboursements de médicaments, plus besoin. On supprime aussi les arrêts maladie, les jours " enfant malade " …
- Pour conserver la santé jusqu’à la fin de ses jours, il faut travailler jusqu’à la fin de ses jours. Logique. On supprime donc les retraites.
- Le travail rend libre, donc on zigouille vacances, jours fériés et week-end … ou plutôt non, mauvais pour le tourisme ça, on se contente de virer jours fériés et week-ends et on raccourcit les vacances.
- On supprime toutes les charges qui pèsent sur ces pauvres entreprises qui n’arrivent plus à faire face. Bon, du coup on n’a plus d’argent pour les diverses allocations qui aident chômeurs et autres parasites, eh ben tant mieux.
- On établit un revenu maximum équivalant à la moitié du revenu minimum actuel : on se plaignait parce qu’il n’y avait pas assez de boulot, ben maintenant chacun en aura trois pour s’en sortir.
- Chaque entreprise aura le droit de fixer le nombre hebdomadaire d’heures de travail de ses employés, ainsi que leur répartition dans la semaine, de jour comme de nuit.
- Pour faire face à la concurrence déloyale des pays émergents qui ont une main d’œuvre bon marché, on abaisse l’âge légal du travail à 8 ans pour les filles et 6 ans pour les garçons, ça leur apprendra la vie.
- D’ailleurs, pour les y préparer mieux encore, on fait entrer l’entreprise dans l’école : on apprendra à lire sur des hagiographies du fondateur de Coca-Cola ou sur des ouvrages pédagogiques genre : la vie de Saint Sellière racontée aux enfants.
- On supprime, et c’est par là que j’aurais du commencer, le droit de grève. Et même, on en fait un délit, voire un crime.
- On supprime inspection du travail, prud’hommes, représentants de personnel, règlements protégeant les personnels contre les abus et harcèlements, ou plutôt les justes pressions sur de mauvais éléments.
- On fiche et on surveille étroitement les éléments récalcitrants et donc subversifs, graines de terroristes.
- On exécute tous les syndicalistes.
Bien sûr, ces quelques propositions sont, somme toute, très modestes, et je suis certain que vous trouverez, sans même aller puiser dans la charmante idéologie ultra libérale qui domine chez nos amis angles et saxons, des propositions bien plus (dé)constructives encore en allant vous balader de ce côté ci, ou bien celui là, pour ne citer que ceux-là.
Et surtout ne lésinez pas sur les injures quand vous y serez, ça calme
par LouDaDou le 2004-06-25 10:19:09
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Mardi 22 juin 2004
Ma chef, une femme vénérable et vénérée dans tous les milieux où elle a pu faire avantageusement valoir toutes les facettes de ses innombrables compétences, ma chef, disais-je, a de l’arthrite.
Si !
" On s’en branle " allez vous me dire, me faisant ainsi comprendre, avec beaucoup de doigté, que le fait que la main droite de cette honorable sexagénaire ,qui s’accroche à son poste, soit sur le point de ressembler à une sculpture post moderniste aux lignes délicieusement courbées-brisées dans un enchevêtrement des plus esthétiques, n’est pas un sujet assez important en soi pour être susceptible de mobiliser votre attention au-delà de la troisième ligne et/ou la 4eme seconde et que, bref, on s’en fout.
Soit.
Mais vous n’avez pas conscience que ce petit problème, chez une personne de son âge et qui travaille encore - surtout chez elle, tous les matins, pour ne pas être dérangée, parce qu’au bureau elle est tout le temps dérangée, c’est vrai, c’est terrible - peut engendrer quelques petits quiproquos et placer ses dévoués collaborateurs dans une situation délicate.
Car, quel peut être le mode préféré de communication d’une personne qui a la main aussi droite qu’un cep de vigne et qui se refuse à utiliser le téléphone (nouveau modèle, transfert d’appels, répondeur, horloge, date, 1000 touches, 32 couleurs, elle comprend rien), le mail (invention du diable) ou le contact direct (faudrait qu’elle soit là) ? : le petit mot écrit à main levée, bien sûr, c’est tellement plus rigolo.
Vous voici donc à la tête d’une pile impressionnante de petits papiers brouillons (faut recycler le papier – non pas par souci de l’environnement, c’est la guerre qui lui a appris à conserver, pas la dernière, celle d’avant).
Et là commence le casse tête chinois (toutes les informations concernant un seul dossier peuvent être dispersées sur plusieurs petits papiers), et vous regrettez au passage de ne pas vous être inscrit au stage de paléographie (à toutes les cessions), ce qui aurait été plus qu’utile pour le déchiffrage de l’écriture de la colonel.
Quelques exemples pris au hasard :
- Est-il de raisonnable de penser que la réponse à la question que pose Madame M. de B., éminent personnage à la tête d’une importante direction au sein du considérable ministère qui se paie le luxe de sous employer pour un traitement dérisoire un élément d’élite tel que moi, que la réponse, donc, à faire à cette dame est, deux-points-ouvrez-les-guillemets
je mets le potage dans le citron, petite enflure ?
- D’autre part, peut-on sérieusement croire que les instructions sont de brûler tous ces documents anciens que j’ai eu la joie de tripoter de mes petites mimines et sur lesquels se sont penchés et ont signé des gens aussi prestigieux que Victor Hugo, tous les Louis de XIV à XVIII (sauf le n° XVII, mais c’est pas grave, je pourrai toujours me consoler en allant voir son cœur à Saint-Denis), mais aussi certaines de leurs épouses, comme Marie-Antoinette, ou bien encore d’Artagnan, George Sand, Catherine de Medicis, Henri III, Chateaubriand, etc …
Le problème s’accentue quand la maréchale des logis chef ajoute aux innombrables courriers dont elle abreuve toutes les personnes du milieu professionnel au sein duquel elle commet, et qui ont eu la malchance de la croiser ne serait ce qu’une seule fois dans toute leur carrière, des bristols frappés à ses armes et barbouillés de mots manuscrits dont la teneur leur est à peu près aussi compréhensible qu’une notice de moissonneuse batteuse en coréen.
En général on passe beaucoup de temps au téléphone à expliquer à ces personnes que la vieille folle qui leur a tenu la jambe pendant une demi heure 6 mois auparavant lors d’un quelconque colloque ne les insulte pas et qu’elle n’a certainement pas écrit gros con sur le petit carton joint aux documents.
Et ce ne sont que quelques exemples …
Les fins de règne, c’est toujours d’un pénible
par LouDaDou le 2004-06-22 11:37:02
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